mardi 21 mars 2017

L'Annonciation... méditation



L'Annonce, église de Saint Cirq Lapopie
L’image est simple, presque nue…
Deux visages, quelques traces d’or en lignes fines que l’œil ne peut pas saisir, et cette déferlante d’or blanc et rosé qui épouse Marie…
Les nimbes sont seuls à être présents, définitivement.

Une image simple, vraiment, comme est simple la salutation de l’ange : « réjouis-toi ». Tout est dit. Le reste n’est que surcroît. « Καιρε… »
Il est penché vers elle qui ne l’a pas vu, mais qui entends. « Καιρε… »
Le bel archange est toute attention, toute présence. Rien ne le distrait de cette jeune femme qu’il doit rejoindre. Il n’est qu’un mouvement de lumière, l’or que la tempéra a voilé le dit bien. Toute l’icône est ainsi écrite sur de l’or, cette inaltérable lumière que Dieu a offerte à la terre et que l’homme si souvent dévoie.
« Καιρε… » et c’est la vie qui s’invite avec la joie.
Il appelle ainsi tous ceux qui poseront leur regard sur cette image : Réjouis-toi, bien-aimé, bien aimée, si tu m’entends réjouis-toi, le temps de l’annonce est venu, en ton cœur le mystère est en germe. Réjouis-toi !
Marie a entendu, elle est arrêtée, d’un coup. Elle allait, la toute vive, et là elle est suspendue, elle écoute intensément. C’est cet instant très particulier que l’iconographe a saisi.
Toute ouïe, le regard posé sur l’ailleurs, elle s’étonne : d’où vient cette voix qui dit la joie ? Cette salutation est interpellation et promesse… Καΐρε κεχαριτωμένη, réjouis-toi, toi qui est de tout temps et pour tous les temps  immergée dans la grâce… Marie tout pure.
Instant de grâce fugitif qui est au cœur de toute vie : nous sommes tous nés pour la joie, pour l’accueillir, et la mettre au monde. Tous. Sans exception.
Mais, me direz-vous, nous ne sommes pas l’Immaculée. Non, bien sûr. Mais en cet instant suspendu où l’ange s’approche de notre âme, toute  la grâce nous est offerte. Ecoute ! Ecoute ! Tout est là maintenant, pour toi ! 


« …C'est un instant, un reflet sur la peau du verre, insaisissable, tu es dans la rue et tu aimes, et puis c'est fini, plus rien, ça t'a échappé, ce regard autre, comme un sanglot, et n'en demeure maintenant que le souvenir. Tu n'oublieras pas. Quelques secondes dévoilées ont suffi.
                        Cet instant a existé. Il est quelque part au bord de ta vie. Un pause entre deux mouvements un jour où tu étais heureux, - c'est plus facile quand on s'est levé joyeux d'on ne sait quoi, on est plus libre de soi-même, on respire -, et en un clin d'œil, dans ce petit espace de la respiration où le souffle se retourne au dedans de nous, cela s'est passé.
 […]
Entre les deux temps du souffle, une virgule, au creux de l'infime espace, l'amour.

Cet instant a existé, il existe à chaque minuscule retournement, de toi à l'autre, de l'autre à toi, mouvement léger habité par les anges, battement d'aile, battement du coeur, au creux de toi. L'amour existe. Il attend les virgules où tu reprends souffle…. » Le pont, M.F.



La grâce passe ainsi dans notre vie, mais c’est notre oui entier manifesté dans notre arrêt et cette imperceptible attention qui ouvre à l’Esprit la voie de notre cœur. « Comment cela va-t-il se faire ? L’Esprit t’a couvert de son ombre… »
Tout est en route vers son accomplissement…
Déjà, au profond de nos cœurs, la Vie germe et grandit…
…Promesse du Vivant.



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